Loading website

«  L’oeuvre d’art ne s’élabore pas, elle surgit"  Tiga

Soissons-la-Montagne. Tiga et Maud Robart y achètent un terrain en 1972 après avoir tenté sans succès d’établir une communauté d’artistes à Pétion-Ville. Là, au milieu des poules et des cases éparses, ils construisent, montent un atelier, nouent des liens étroits avec les habitants locaux, paysans, artisans, enfants,  leurs confient pinceaux, peintures, pigments ou argile et les convient, la journée de travail terminée, à s’ouvrir à eux-mêmes, à l’expression spontanée, au chant, à la danse et à l’éveil par la pratique de tous les arts.

«  Le concept Saint Soleil qui est une expérience dynamique et passionnée de plus de 35 ans avec des enfants, des déséquilibrés mentaux, des créateurs et artisans populaires d’Haïti, ne saurait être une simple affaire de production de peintures…L’acte de création apporte à l’homme issu de la nature, toutes les solutions pour son bien-être et son devenir. Quelle que soit sa race, sa religion, son appartenance culturelle ou géographique, il a le droit de sonder l’univers et d’établir sa cosmogonie, d’asseoir son patrimoine culturel.  Supposons un moment que Christophe Colomb n’ait jamais découvert l’Amérique et supposons que l’Occident n’ait jamais saccagé les civilisations amérindiennes et africaines. Quelle image aurait-on aujourd’hui de ces continents dont chaque être voisinait le soleil ? » Tiga

Tiga2

Tiga - Collection privée

Ansi naquit "l'Ecole Saint Soleil".

St fleurant wmnred

Malade et au terme de sa vie, André Malraux tint pour son ultime voyage à rencontrer la communauté de Saint Soleil. Il se rendit à Soissons-la-Montagne en décembre 1975 puis livra le témoignage de cette quête dans son dernier ouvrage, l’Intemporel, alors sous presses chez Gallimard, en remplaçant au pied levé un chapitre qu’il consacrait à Goya par trente pages sur l’art vaudou et Saint Soleil...

Malraux et les Saint Soleil 1bc55

Louisiane St-Fleurant Collection privée

« Vers 1972, le musée de Port au Prince exposait un ensemble énigmatique de tableaux aussi éloignés de l’école naïve que de l’art occidental et dont on ne savait que ceci : des paysans, des maçons, presque tous illettrés n’ayant pas vu d’images pas même les photos des journaux formaient sous la direction de deux haïtiens cultivés et artistes, une communauté qui trouvait son principal moyen d’expression dans la peinture, le second étant le spectacle, commedia dell’arte ou psychodrame ; en un mot Saint Soleil, comme si la liberté seule acclimatait ici, jusque dans ses aventures insolites, l’expérience la plus saisissante et la seule contrôlable de peinture magique en notre siècle : la Communauté de Saint Soleil" ." D’abord, qu’était cette peinture de Saint Soleil, déconcertante même en ce pays où chacun peint comme il lui plaît ... Pas question de naifs. Malades mentaux ? Il manquait les crocs, l’enchevêtrement, le matériel qui fait de leur peinture une peinture enchaînée. Enfants ? Ils ne peignent guère à l’huile... » A. Malraux

André Malraux rencontre Saint Soleil

Levoy 20Exil
DSC 0062k

Levoy Exil. Galerie Agwe

La fécondité du Mouvement St Soleil ne s’est jamais démentie. Tiga décéda en 2005. Aux maître natifs, Antilhomme, Levoy Exil, Prospère Pierre-Louis, Louisiane Saint-Fleurant, Saint-Jacques, Saint-Jean et Denis Smith succédèrentAlbérik, Alouidor, Jafa, Louisiane Lubin, Matthieu Saint-Juste et Yaya dans les années 80 et plus récemment Apier, Dastiné, Guéthin, Jan Vernal, Mira, Océli, Onel, Payas, Redjy ou Saint-Surin. Les peintres haitiens s’en revendiquant aujourd’hui se sont regroupés au sein de l’ASASASM, une association habitée des enseignements de la communauté originelle créée au lendemain du séisme de janvier 2010. 

Payas3 b

La peinture haïtienne contemporaine est d'une fécondité confondante. Une page lui sera consacrée ici prochainement

Jean Louis Maxan. Galerie Agwe

Payas. Galerie Agwe

Copyright © 2014

Creation JL Clergue